Les actus

- Environnement

La "multiprise" du parc éolien prête à prendre la mer

Ce modèle de sous-station électrique construite à Saint-Nazaire équipera également les deux parcs éoliens prévus en Normandie. © Christian Robert - Ville de Saint-Nazaire. - Agrandir l'image, .JPEG 239Ko (fenêtre modale)
Ce modèle de sous-station électrique construite à Saint-Nazaire équipera également les deux parcs éoliens prévus en Normandie. © Christian Robert - Ville de Saint-Nazaire.

C’est le centre névralgique du futur parc éolien au large de Saint-Nazaire. La sous-station électrique construite par les Chantiers de l’Atlantique est prête à prendre la mer. 

Aux Chantiers de l’Atlantique, le gigantisme ne concerne pas que les navires. Les multiprises adoptent également des dimensions XXL. Plus exactement,  il s’agit de transformateurs destinés à récolter l’électricité produite par les éoliennes en mer pour augmenter la tension à 225 000 volts avant de l’injecter dans le réseau terrestre. Posée sur une barge dans la forme Joubert, cette sous-station électrique produite pour le compte d’EDF Renouvelables est prête à prendre la mer. Elle devrait rejoindre le futur parc éolien au large de Saint-Nazaire dans le courant du mois d’août. 

"Si tout se déroule comme prévu, en octobre, nous serons prêts. Les premiers câbles seront raccordés", espère Frédéric Grizaud, le directeur du secteur des énergies marines renouvelables au chantiers de l’Atlantique (Atlantique Offshore Energy). La mise en service du premier parc éolien marin en France est annoncée pour la fin 2022. En mer la pose des fondations monopieux destinés à supporter les 80 Haliades 150 est en cours. 

3300 tonnes et 60m de haut

Le chantier s’annonce spectaculaire. La sous-station de 2100 tonnes reposera sur un pied ( jacket) de 1200 tonnes, pièce unique spécialement conçue pour ce projet. L’ensemble culmine à plus de 60m. Sur le pont supérieur à 25m environ au dessus du niveau de la mer,  la vue sera imprenable. Cette installation hors-norme nécessite un navire exceptionnel : le Pionnering spirit avec ses 382m de long, ses 123m de large et ses deux grues géantes ne devrait pas passer inaperçu. 

Les Chantiers de l’Atlantique n’en sont pas à leur coup d’essai. Trois de leurs sous-stations électriques sont déjà opérationnelles en Angleterre, en Belgique et en Allemagne. "Et nous en avons 4 autres en commandes.", se réjouit Frédéric Grizaud. "Le modèle construit pour Saint-Nazaire sera répliqué pour les parcs en projet à Fécamp et à Courseulles en Normandie." 

Une filière industrielle en plein essor

La filière de l’éolien est en plein essor et, rien qu’en Europe, les prévisions d’installations de parcs en mer sont encourageantes. L’Angleterre prévoit par exemple de passer à elle seule à 40GW par an d’ici 2030. En Europe, a capacité annuelle actuelle étant de 25GW.

L’activité va donc continuer à se développer rapidement et les Chantiers de l’Atlantique associés à de nombreux partenaires (1) comptent bien tirer leur épingle du jeu. "Plus de 450 personnes sont intervenues sur site pour la construction de la sous-station nazairienne. En interne, cela représente 250 postes et nous sommes en train de recruter 40 personnes supplémentaires". Ce chantier hors-norme a également mobilisé 150 entreprises françaises donc 55 basées en Pays de la Loire et pour beaucoup d’entre elles membres du réseau d’industriels Néopolia.   

Les Chantiers ont également signé un troisième contrat de maintenance pour la sous-station du parc de Courseulles après ceux de Saint-Nazaire et Fécamp. "Ce contrat est une excellente nouvelle pour nos équipes et il contribuera à renforcer l’ensemble de la filière française de l’éolien en mer, qui doit évoluer sur des marchés très compétitifs », annonce Frédéric Grizaud. A la clé, du travail pour 5 ans et pour une vingtaine de personnes.   

(1) Pour la réalisation de la sous-station, les chantiers nazairens se sont associés à General Electric Grid Solutions et à SDI – DEME Offshore pour la partie installation en mer. Le jacket a été construit en Italie par Rosetti Marino.

La vidéo de la construction réalisée par les Chantiers de l'Atlantique