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Défi moins de déchets. Des familles toujours investies pendant le confinement

Anna participe avec sa famille au défi "moins de déchet" de la CARENE. Sa référence : Les Enfants presque Zéro déchets. (©Ville de Saint-Nazaire - Christian Robert) - Agrandir l'image, .JPG 89Ko (fenêtre modale)
Anna participe avec sa famille au défi "moins de déchets" de la CARENE. Sa référence : Les Enfants presque Zéro déchet. (©Ville de Saint-Nazaire - Christian Robert)

[vidéo] Engagée dans une démarche de réduction des déchets, la CARENE a proposé un défi aux habitants de l’agglomération pour que chacun produise moins de déchets au quotidien. Parmi les 55 familles qui le relèvent depuis février, deux nous ont ouvert leurs portes : en ville à Saint-Nazaire et à la campagne à Trignac.

"Il y a des emballages plastiques partout, qu’il s’agisse des yaourts ou de la viande". Comme de nombreux consommateurs, Typhaine Thuillier a constaté qu’elle jetait beaucoup de déchets, sans doute trop de déchets. Depuis trois ans, elle se fournit en paniers bio. "Nous limitons ainsi les plats préparés et nous efforçons de cuisiner."

Quand elle a entendu parler du défi "moins de déchets" de la CARENE, Thyphaine a voulu embarquer sa famille dans l’aventure. "J’en ai parlé à mon conjoint. C’est ludique d’y participer ensemble et cela permet de transmettre des notions importantes à notre fils de 5 ans".

Installés à Trignac en bordure de campagne et proches du port de Saint-Nazaire où ils travaillent, Typhaine et son conjoint ont acquis un composteur afin de diminuer les ordures de la poubelle bleue. La jeune maman est persuadée que "le meilleur déchet est celui qu’on ne produit pas".

Prise de conscience

En 40 ans, la population française a doublé sa production moyenne de déchets, non sans impact pour l’environnement, sur la consommation des matières premières ou l’effet de serre notamment. La gestion des déchets par la collectivité a aussi un coût. Le problème est : comment parvenir à inverser la tendance ?

Depuis un an, Typhaine concocte elle-même sa lessive au lierre. "J’en suis satisfaite, elle est efficace". Avec le défi, elle veut aller plus loin et a participé à des ateliers proposés par la CARENE, avant le confinement. "Nous avons pu échanger différentes recettes de produits pour la cuisine ou la salle de bain. C’est encourageant de savoir qu’on n’est pas seul. Il reste tellement de chemin à faire dans le milieu professionnel et à l’échelle de la planète."

Des pesées pour y voir plus clair

En février chaque participant devait peser ses déchets avant de modifier ses habitudes. La CARENE invite à poursuivre les pesées chaque semaine jusqu’en mai pour comparer les résultats. L’évolution est déjà probante chez Typhaine.

Sa famille a sensiblement diminué la quantité des déchets, en particulierla part des emballages recyclables presque réduite de deux tiers et celle des ordures ménagères au profit desdéchets compostables.

"Le fait d’être confiné n’est pas un frein : nous achetons l’essentiel et au plus court (marché, épicerie vrac) plutôt que de faire la queue au supermarché."Des bonnes surprises sont au rendez-vous. "Le boucher d’unpetit supermarché fut heureux de m’accueillir avec mes contenants pour la viande", se réjouit-elle.

Typhaine est toujours plus vigilante lors de ses achats -elle s’est muni de lingettes démaquillantes en tissu- et prépare de plus en plus de produits maison : déodorant, dentifrice, gâteaux, desserts."Ma faiblesse : les chocolats Kinder que j’achète modérément."De plus, elle aménage un potager.

Consommer mieux

Dans la famille de Gaëlle et Nicolas Jaud à Saint-Nazaire, on ne vide qu’une poubelle de 30L par mois en plus du bac jaune. Le reste est composté dans le jardin. Leur solution depuis près de cinq ans : ne plus fréquenter les grandes surfaces. "Tout y est emballé et les emballages sont compris dans le prix," s’offusque Nicolas.

Leurs deux filles sont tout aussi convaincues. "Je joue beaucoup avec une pyramide que j’ai eue d’occasion plus petite. Cela veut dire qu’elle a appartenu à d’autres enfants et elle est encore en bon état. Evitons le plastique, il contribue à la disparition des animaux," confie la jeune Anna qui a pour objectif de produire une seule poubelle par an.

Confinement et questionnements

Cette démarche environnementale a pourtant connu quelques soubresauts avec le confinement depuis mi-mars pour lutter contre la propagation de l’épidémie de covid-19. "On poursuit comme on peut sachant que les magasins bio en vrac ne permettent plus l’utilisation de nos propres emballages," explique Nicolas. Il ajoute : "j’étais un peu tendu et j’ai eu tendance à me tourner vers de la nourriture dite réconfortante, mais on retrouve nos habitudes en s’adaptant."

Les sachets en papier du magasin sont compostables et le couple s’est mis à fabriquer sa propre lessive. Il mène aussi une réflexion sur son bilan carbone et le mesure avec l’aide de voisins : "c’est au-delà de ce qu’on imaginait, surtout en informatique."

Motivée à faire mieux pour la planète, même si la famille nazairienne a interrompu la pesée de ses déchets pendant cette période singulière, elle a pris la décision de n’acheter que des vêtements d’occasion ou locaux. "Je m’équipe en chaussures que je pourrai ressemeler pendant au moins vingt ans", confie Nicolas. "Le confinement m’enseigne qu’on ne peut plus prétendre au monde d’avant avec ce mode de consommation, cela coûte trop cher."